Origine

Quatre versions pour le nom de la Roche Vanneau sont proposées :

A) La grande roche qui se découpe au nord des maisons du village se nommait le Vanneau. Ce lieu était considéré comme un endroit où les âmes étaient vannées : celles des justes montaient au ciel, les autres tombaient dans le fond du vallon sauvage. Le champ en haut des roches se nomme le «  Champ Cornu ». Autrefois c’était le jardin du château. Arrosé par l’eau d’une source qui sourd en cet endroit, le ruisseau se précipitait en cascade dans l’enceinte même de la forteresse.  Il ne tarit jamais. Quand les eaux sont grandes en hiver, la chute d’eau forme des glaçons suspendus dans le vide du plus curieux effet.

B°) Le nom viendrait de celui du seigneur Godefroy de la Roche, cousin de St Bernard fondateur avec lui en 1115  de Clairvaux dont il deviendra prieur,  il fondera aussi en sa compagnie l’abbaye de Fontenay en 1120  et deviendra l’évêque de Langres en 1139. Conservant cette charge jusqu’en 1161, il retourne à Clairvaux où il meurt en 1165.

C°) (vox populi) Les oiseaux migrateurs qui viennent en abondance dans les champs au moment de leur migration et qui se nomment les vanneaux.

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D) La recherche actuelle pense que vanneau signifierait «petite montagne»

La terre de la Roche et toutes ses dépendances faisaient partie des immenses domaines possédés par l’abbaye de Flavigny sous les successeurs de Widerade au IXème siècle, dans la région qui s’étend depuis Aubigny- lès- Sombernon au sud-est jusqu’à Marmagne près de Montbard au nord-ouest et occupaient les deux vallées de la Brenne et de l’Ozerain ainsi que probablement une partie de celle de l’Oze. Du moins, le fief et la forteresse de Champrenault relevaient certainement de la même abbaye.

 Adalgaire, évêque d’Autun s’étant rendu maître du temporel de cette abbaye en l’an de grâce 882, en se faisant nommer abbé de Flavigny, ses successeurs donnèrent des fiefs à certains seigneurs selon leur bon plaisir ou leurs intérêts jusqu’à ce que Vautier, l’un d’eux, prenant scrupule de cette sorte de mainmise de ses prédécesseurs, eût entrepris de rendre à l’abbaye son indépendance avec tous ses droits, et de la réformer en se démettant de sa qualité d’abbé en faveur d’Aldéric, moine de Cluny. C’était en 990. Par la suite, les abbés en quête de ressources créèrent également des fiefs. Telle est l’origine de ceux de la Roche –Vanneau et de tant d’autres des environs.

Dès le temps de Norgaud, évêque d’Autun au Xème siècle, il y avait un petit prieuré près de l’église.  Ce prieuré aurait été fondé en 890 par neuf moines échappés de l’abbaye de Flavigny lors des terribles attaques des Normands et qui avaient trouvés refuge dans le petit vallon de la Roche entre les vallées de la Brenne et du Val Sambon. Au XVIIème siècle le prieuré devient ferme à la mense abbatiale. Dans certaines maisons du village, on retrouve des matériaux provenant de celui-ci, datant du XIIIème et du XVème, comme des fenêtres écussonnées et ornées de serpes et de grappes de raisins ou de roses…. Une contrée est appelée le « Champ de la Chapelle » où était jadis  l'église du village.

 Jeanne de Leyrieux, dame de La Roche, s’est intéressée à ce sanctuaire en faisant reconstruire l’abside et en y élisant sa dernière demeure. La chapelle fut détruite après l’abandon du prieuré.

Plus bas, les maisons du village s’étageaient sur le terrain en pente qui bordait le ruisseau. Ce village était pauvre, cependant aux XVIème et XVIIème siècles il avait pris un air  de prospérité jusqu’alors inconnu. La population s’était beaucoup  accrue avec la culture du chanvre et de la vigne au sud du ruisseau.

C’est dans ce quartier que se trouvait la chapelle paroissiale à l’époque où les Bénédictins possédaient l’église St Martin du prieuré.