le Château

 

Il  était construit sur le versant nord du village, à 50 m au dessus de celui-ci, au pied de la falaise du Vanneau, et commandait la petite vallée retirée  mais fertile qui descend, de l’est à l’ouest depuis Clirey jusqu’à Leugny et débouche dans celle de la Brenne au lieu dit « en Voisin » à l’emplacement même d’une localité dont le sous sol renferme encore probablement des restes de fondations et d’antiquités gallo-romaines.

Au XIIème siècle, hormis Montbard et Rougemont, il n’est qu’un fief qui soit tenu du comte de Champagne en plein pays de Bourgogne : c’est le château de la Roche-Vanneau, cité parmi les « castella jurabilia et reddibilia » du comte dès le début du XIIIème siècle. La Roche-Vanneau il est vrai, était dans le comté d’Auxois, qui ne fut réuni au domaine ducal qu’après 1118. Le sire du lieu était vassal du comte de Troyes dès les premières années du XIIème siècle. Il est possible que ce soit en échange d’une rente assise sur les revenus des foires de Bar- sur- Aube, que le comte ait obtenu la reprise en fief de ce château, cependant très voisin de la résidence des comtes de Grignon. Les seigneurs de La Roche étaient cousins d’Hermancenne de Venarey, dont le père était comte de Champagne. Cette situation familiale a-t-elle influé sur la possession du fief ?

 

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L’emprise du château, bien marquée sur le cadastre de 1835, dessine un donjon carré de 34m de côté, précédé à l’est d’une cour également carrée de 50 m de côté. Sur place, il reste quelques vestiges de murs dans un chaos de blocs détachés de la falaise, et surtout, à l’ouest du donjon, un fossé perpendiculaire à la falaise, large de 17m et profond de 4 m. Cette forteresse était flanquée de tours. L’une d’elle mettait en communication l’enceinte du château avec le dessus de la montagne au moyen d’un escalier intérieur qui aboutissait vers la partie supérieure à un pont-levis jeté sur la crête du plateau. C’est au bout de ce pont que se trouvait autrefois le jardin du château dénommé aujourd’hui « Le Champ Cornu ». Ce terrain est arrosé par l’eau d’une source qui sourd à cet endroit.

Le vieux château pris et pillé d’abord par les Anglais à la fin de l’hiver 1359, puis démantelé par les écorcheurs en 1397 et en 1442, était déjà à l’état de ruine en l’an 1361. Aujourd’hui, il ne subsiste rien d’apparent de la forteresse, mais seulement quelques fondations, des caves, sous un taillis au pied de la roche du Vanneau.

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 A Côté du site du chateau se trouve un pré appelé la "Corvée", au moyen age la corvée était la partie de terre que se réservait le seigneur. Elle était travaillée par les paysans.

Dans ce pré se trouvent les restes déun vivier et d'un lavoir.

Dans la falaise se trouve une cavité, appelé trou de la vouivre : lieu de guet "légende ? "

D'après les anciens, lorsqu'on passait au pied de la corvée, on devait prononcer la formule : "maromo maromo,yso si tu passo y mourro".

 Les seigneurs de La Roche sont cités jusqu’au XIVeme siècle, puis leurs propriétés passent par mariage aux Montaigu, seigneurs de Marigny, puis aux de la Baulme dont les portraits figurent sur les vitraux de l’église avec leur blason. Plus tard sont mentionnés les du Faur de Pibrac puis les de Bataille seigneurs de Venarey

.L’histoire a conservé les noms de plusieurs d’entre eux :

1078-: Rainald  ou Rénier époux de Milsende de Grignon, fille de Rainard de Montbard et de Aanold

   1097-1099 : Avec Aganon de la Roche ils figurent parmi les chasés de Flavigny. Ils tenaient ligement leur château du comte de Champagne. A cette époque le duc de Bourgogne semble avoir attiré ces sires de La Roche dans sa vassalité par l’octroi de grands offices : la sénéchaussée à Aganon, la connétablie à son fils Gautier 1er. Son autre fils Renier tenait d’Eudes II les dîmes d’Aignay le Duc. Cependant le duc de Bourgogne ne parait pas avoir eu de droit éminent sur leur seigneurie principale (Pérard)

-1103 :1er Mai : Walter de Rupe

- 1113 : Aderan de la Roche convoqué à Semur par Antoine de Bagé évêque  d’Autun à l’assemblée des barons pour juger le procès entre l’abbaye de Flavigny et Hugues de Maligny.

 - 1118 : Geoffroy de la Roche, le plus célèbre de la famille, préside comme abbé de Flavigny à la construction de l’abbaye de Fontenay. Puis de 1122 à 1147, il est prieur de Clairvaux.  En 1138, après le célèbre conflit entre les Cisterciens et les Clunisiens il est élu évêque de Langres en remplacement de Guillaume 1er de Sabran.

Le siège épiscopal de Langres dont la fondation remonte à la fin du 2èmesiècle, est l’un des plus grands et des plus prestigieux de France. Le duc Hugues III de Bourgogne donne le titre de comte de Langres à son oncle Gauthier alors évêque de Langres. Le roi Louis VII y ajoutera la pairie et Philippe Auguste titrera les évêques Ducs, en confirmant la pairie. Dès le 12ème siècle, ducs et pairs de France, ils ont un rôle important durant le sacre des rois de France : ils tiennent le sceptre.

Geoffroy tient des synodes de 1138 à 1141. En 1145 il prêche la croisade avec St Bernard, et part depuis Metz en 1147.

Aux environs de 1140, il prit la décision de reconstruire la cathédrale St Mammès de Langres. Elle fut édifiée entre 1150 et 1196.

 On lui doit la fondation des abbayes de Coulanges, de Pralon, Vaux en Bassigny et Marcenay. Il réforme Poulangy, Leuglay, Valserveux et participe au jugement de Moret en 1153.  1154, il consacre l’église matrice de Pouilly-les-Molesme. Il consacre aussi St Etienne de Dijon reconstruite. En 1162, il  quitte l’épiscopat et se retire à Clairvaux où il mourra le 26 novembre 1165. Sa prudence et son conseil étaient très appréciés. Il était appelé Conseiller du Roi et Légat du Saint Siège.

- 1125 : Gautier 1er, -  connétable, seigneur de Montbard, tient du comte de Champagne une rente de 10 livres.  Il mourut en 1128. Il avait épousé Aanors, veuve de Raynard de Montbard. Par ce mariage il devient le beau-frère d’Aleth de Montbard et l’oncle de St Bernard. Aanors prit le voile en mars 1128.

- vers 1136 : Hugues de la Roche dit le Poilu est prévôt de l’évêque d’Autun

- 1140 : Reinier de la Roche, sénéchal du duc de Bourgogne,  témoin au testament d’Agnès de Lucenay. Il contresignera  également de nombreux dons faits par les nobles ses parents et amis aux différentes abbayes. Il partira en croissade en 1147 et y mourra.

- 1204 : Renaud de la Roche, chevalier, donne à l’abbaye de Flavigny ses fonds à Villeferry et une métairie à Clirey. Il reconnait sa fidelité à l'abbé de Flavigny sauf pour "le Vanneau et les Degrez ( escaliers) touchant au dit Vanneau, qu'il tient du comte de Champagne

-  1251 -Juin : Jehan, chevalier, sire de la Roche vend au duc de Bourgogne     pour 200 livres tout ce qu’il possède à Grignon

- 1252 et 1256 : Gauthier seigneur de la Roche tient son village en fief de l’abbaye de Flavigny «  excepto lou Vanneal et les degrez ». Il vend à frère Jean, abbé de Flavigny la terre de Clirey et ses dépendances moyennant 200 livres et la reçoit en fief érigé à son profit par acte de la même année. Cette même année il fait des dons à l’abbé de St Seine

1303 : Jehan de la Tournelle en faveur duquel l’abbé de Flavigny crée un fief à la Roche Vanneau au mois d’avril, après Pâques.

1311 : Jehan, seigneur de Saffres, reprend de fief des terres qu’il tient au même lieu, le lundi avant la fête de la Nativité de Notre Dame.

-       1314 : Robert de la Tournelle reprend de fief des mêmes terres.

-       1366, 1367, 1369, 1376 : Jeanne  Damas, dame de la Roche, épouse d’Eudes II de Montagu-Marigny,  reprend de fief entre les mains d’Alexandre de Montaigu, abbé de Flavigny

                        Armes des Montaigu ou Montagu :

montaigu.jpg -«  de Bourgogne ancienne au franc  quartier   d’hermine »

      -       1370 :  Jeanne Damas : dame de la Roche-Vanneau et de Marigny le Cahouet épouse de Eudes II  de Montagu- Marigny donne à l’abbaye de Flavigny 10 sols de rente sur la vigne située au-dessus du prieuré et devant le château de la Roche-Vanneau sauf les droits de justice haute, moyenne et basse.

Il existe un lieu dit appelé les Fourches où était probablement exécutée la justice

                      Armes des Damas de Cormaillon :

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-« D’argent à une hie de sable posée en bande, accompagnée de six roses de gueules rangées en orle «   

-       1389 : Eudes de Villiers (Pouillenay)  seigneur de la « Roiche du Vanneaul » donne la déclaration et le dénombrement des terres qu’il détient en ce lieu.

-       1401 : Guillaume Poinceot reprend de fief de divers héritages assis aux lieux de la Roche, Clirey, Leugny et autres lieux contigus, le lundi après la passion de Notre Seigneur J.C

-1416 : Jean de la Baulme de Montrevel reprend de fief de la terre de la Roiche du Vanneault » d’Innocent de Neufville abbé de Flavigny : lettre scellée de son sceau le 10 novembre. Il était marié à Jeanne de la Tour dame d’Illeins (Suisse). Il tient en fief également de Pierre II de Montagu, ses châteaux de Marigny (le Cahouet), Bussy (Bussy la Pesle) et Etais, Guerroyant très souvent, il était rarement sur ses terres.

La terre de Montrevel en Bresse, possédée par la Maison de Châtillon de Dombes, passa au 14eme siècle à Etienne de la Baulme, grand maître des arbalétriers de France en 1338. De cette illustre maison sont sortis deux cardinaux, archevêques de Besançon, deux maréchaux de France, un maréchal et amiral de Savoie, un vice-roi de Naples, 17 gouverneurs et lieutenant-généraux de provinces, 4 chevaliers des ordres du roi, 4 de celui de la Toison d’Or et autant de celui de l’Annonciade. Les de la Baulme de Montrevel possédaient un hôtel particulier à Dijon dit hôtel de Maurevert derrière l’église St Nicolas.

-       1442 : « La Roiche du Vanneaul » Le château est pris par les écorcheurs. Hommes sers de M. de Vallefin et de Guillaume Poinceot lesquels furent « tous brûlez et destruiz ».

-       1445 : Guillaume Poinceot paraît dans une lettre du Duc faisant réserve du fief de la Roche  

-       1445 – 1454 : La Roche du Vanneau à Messire Pierre de la Baulme  de Montrevel, chevalier, troisième fils de Jean de la Baulme,  maréchal de France, comte de Montrevel, seigneur d’Illeins (suisse), de la Roche du Vanneault où il y a forteresse en ruine, seigneur aussi de Marigny le Cahouet et autres lieux,  époux de Jeanne de Leyrieux dont il eut 7 enfants,

-1461 : forteresse en ruine que tient Guy de la Baulme époux d’Alix de Luxeuil et 17 feux d’hommes sers taillables haut et bas = 85 habitants seigneur aussi de Marigny le Cahouët.

1461 - 1470 : La Roiche du Vanneau à la dame de la  Roiche, Jeanne de   Leyrieux,  dame aussi de Marigny le Cahouet où il y a chastel fort, veuve de feu Messire Pierre de la Baulme et à Messire Claude de d’Inteville, seigneur d’Eschannay

-1473 : Jacob de Thoisy seigneur en partie de La Roche et de Munois. En 1485 il sera gouverneur des galères et vaisseaux du Duc de Bourgogne.

1478 - 1479: Jacques Berthau, prêtre, receveur pour Guy de la Baulme pour ses châtellenies de la Roche et Marigny le Cahouet, a payé au curé Jehan Mathieu, une somme pour le service anniversaire du décès d’Alix de Luxeuil dame de La Roche et d’Etais, et de même dix livres à Jehan Raquet, commandeur de Saint-Antoine d’Etais pour deux messes célébrées : une dans la chapelle du château et une dans celle de la commanderie

1478 : Jacques Berthau, prêtre, receveur pour Guy de la Baulme pour ses châtellenies de la Roche et Marigny.

1481 : «  Nous, Guy de la Baulme, chevalier, seigneur de la Roche du Vanneault et de Marigny le Chahouet, faisons savoir à tous présent et avenir que aujourd’hui, date de cet édit, nous avons fait, créé, constitué, ordonné et établi que par la teneur de ces présentes, faisons, créons, nommons et établissons nos procureurs généraux et que par ces messages spéciaux, nos chers et bien aimés Girard Bernard, Ogier Bernard son fils, C laude Vuillard dit Blagnet chatelain de Commarin ect … »

Les de la Baulme avaient pour armes :«   Ecartelé d’or et de gueules »

-       1490 : Guy de la Baulme  époux en 2ème noce de Jeanne de Longvy, comtesse de Chateauvillain, dame d’Etais, de Marigny le Cahouet, Leugny, Brain, Clirey et autres lieux circonvoisins.

 

Ils eurent cinq enfants, le troisième, Claude, chevalier, baron de Mont Saint Sorlin, seigneur de la Roche du Vanel, fut le père de Marc, chevalier, comte de Montrevel, connu du vivant de son père sous le titre de seigneur de Bussy (la Pesle), puis seigneur de Vassy et de Chateauvilain, capitaine en 1515 et 1525, puis lieutenant général sous François 1er au gouvernement de Champagne et de Brie, lequel eu de sa seconde épouse, Anne de Châteauvilain, un fils Joachim, né après 1508, qui épousa par contrat du 2 janvier 1534 Jeanne de Mouy et en eut trois fille.

23 Mars 1500 : Guy de la Baulme, chevalier, reprend en fief entre les mains de Messire le Chancelier les terres et seigneuries de La Roche du Vanneau, Marigny, Etais, et Buxy (Bussy la Pesle) au baillage d’Aussois. A son décès  ses biens sont partagés entre plusieurs héritiers d’après une déclaration du 15 octobre 1504 contresignée par ses enfants et sa veuve.

1554 ; Jeanne de Longvy veuve de Guy de la Baulme, avait pour armes :

« D’Azur à la bande d’or »

1557 : François d’Avaugourt seigneur aussi de Marigny le Cahouet

1571              : Jean d’Avaugourt

1591 : Claude d’Orgemont, chevalier des Ordres, époux de  Madeleine,  fille de Jean d’Avaugourt, comtesse de Châteauvilain, baronne de Thil  et de Marigny décédée en 1596 et inhumée dans la collégiale de Thil

1596 : François Juvenal des Ursins, capitaine de 50 hommes d’armes, marquis de Traynel, époux de leur fille Guillemette, Celui-ci vendra 9 ans après

11 Août 1603 : Mathan Jacob, conseiller au baillage de Semur, fit foi et   hommage à l’abbé de Flavigny comme procureur et au nom de Nicolas des Barres seigneur de Gissey (sous Flavigny) et de La Roche  en partie.

 4 Avril 1605 : dénonciation fut faite par Michel 1er du Faur de Pibrac fils du savant Guy de Pibrac, famille originaire du Languedoc, auteur de la branche bourguignonne, Chancelier de Monsieur frère du Roi, pour avoir à reprendre de fief de l’abbé de Flavigny, au nom et comme mari de Claude d’Etampes, pour les terres de La Roche et de Brain achetées par lui à Guillemette d’Orgemont femme de François Juvenal des Ursins. Il fit ériger ses terres en baronnie. Il était seigneur de Marigny-le-Cahouet (dont en 1610 il fera établir le terrier de la baronnie par Quignard, notaire à Marigny et Mathieu, notaire à Flavigny), et de  La Roche Vanneau, Leugny, Brain, Clirey, Sainte Colombe.

Avec son épouse, ils fondèrent  en 1610  une aumône pour les pauvres pour tous les vendredis de carême, d’un demi½ boisseau de pois, 60 livres de pain et 10 livres de sel

Il rendit hommage au roi Henri IV, comme d’un fief relevant de la couronne. Il posséda ses terres jusqu’à sa mort en 1626 à Montauban. Par testament, il demanda à être inhumé dans le tombeau de ses parents au cimetière des Grands Augustins à Paris et que son cœur soit placé dans une caisse en plomb pour être déposé dans l’église de Marigny le Cahouet sous la pierre sacrée de l’autel.

-       1630 : Jacques François son petit-fils, Maréchal de Camp, fit ériger la Baronnie en Comté. Ce comté comprenait outre les terres de Marigny celles de la Roche -Vanneau, Brain, Clirey, Leugny et Ste Colombe. Il décède en 1655. Il avait reconstruit le château de Marigny qui était fort démantelé et composé de bâtiments épars. Jacques François, fidèle compagnon de Louis XIII était très souvent en campagne et au cours du temps se serait endetté.        

1656 : son fils François, prieur commendataire des prieurés de Villepreux-lez-Paris et de St Jean de Manse, seigneur et baron de La Roche et Leugny, époux de Marie de Chaulgy, fille de Jacques de Chaulgy, seigneur de Lantilly,

      Les de Chaulgy ont pour blason : 

chaulgy.jpg «   Ecartelé d’or et de gueules »
      

Il devint en 1685 seigneur aussi de Massingy les Semur. Décédé à Dijon en février 1733, il sera enterré à Marigny. Ce sera le dernier comte de Marigny.  Leur fille cadette décédée en 1748 épousa Pontus-Joseph de Thyard de Bragny.

Tous les seigneurs du nom de Pibrac sont inhumés en l’église paroissiale de Marigny le Cahouet à l’exception du 1er tué à Montauban, dont le cœur seulement y fut apporté.

Il  laissera pour héritier son frère Michel Cériades du Faur de Pibrac  marié en 1646 à Charlotte d’Arlay 

1666 : Lors de la visite des communautés par l’intendant Bouchu, la description et l’énumération  qui sont faites nous éclairent sur les impositions dues par les habitants ou la communauté et l’importance des terres communautaires  dont certaines ont été vendues pour payer les dettes de ladite communauté.

  Il est écrit :

-«  La paroisse se nomme La Roche le Vanneau de laquelle dépendent Leugny et Clery (Clirey).

Il n’y a aucun hameau, fief ni métairie séparée qui en dépendent.

De l’évêché d’Autun, du baillage de Semur, du grenier à sel de Semur, de la recepte de Semur.

François du Faur de Pibrac, prieur (commendataire) des prieurés de Villepreux-Lez-Paris et St Jean de Manse est seigneur et aussi baron de la Roche.

Il est dit riche de rentes. Les habitants ne s’en plaignent pas.

Relève du roy en toute justice sous le titre de baronnie.

Le revenu est de …………..tant pour la Roche que Leugny.

Il consiste en terres labourables dépendant de ladite seigneurie qui s’amodie ……. Septiers, moitié froment et avoine et 2 moulins banaux amodiés 12 septiers. La tierce qui se lève sur les terres communales s’amodie 8 septiers, ……. de taille seigneuriale, le droit d’âme, le surplus dudit revenu consiste en vignes.

Il est situé entre 2 montagnes, le finage a un 1/2 quart de lieue de circonférence.

Il n’y a aucun commerce. Il n’y a aucune rivière ni pont ni passage. Ce n’est point pays de bois ni de forêts mais de coteaux et de montagne. Il y croisse moitié froment et seigle. Il y a peu de vignes. Il n’y a point de prés.

Ils sont 35 habitants tous pauvres. Il n’y a aucun péage ni octroy.

Leurs charges ordinaires sont l’entretien de l’église pour leurs parts, du maître d’école.

Chaque habitant doit 3 gerbes de froment, l’une au curé pour droit de passion, les 2 autres au marguillier et  au sonneur.

Les tailles seigneuriales se paient audit seigneur tant par les habitants que forains qui possèdent des héritages audit finage : chaque grange et maison sont chargés de 6 deniers. Chaque journal de terre un sol, chaque ouvrée de vigne 9 deniers, chaque journal de bois et de buissons 5 deniers, pour chaque soiture  de prés ……., plus les cens affectés sur plusieurs héritages non sujet à la taille.

Chaque laboureur doit 3 corvées de charrues, chaque manœuvrier : 4 corvées de bras dont 1 ou 2 aux vendanges. Ils doivent aussi …… au seigneur pour droit de vignerie, chaque vache nourrie audit lieu, 5 deniers, chaque chèvre et brebis 1 denier.

Les habitants ont vendu :

- 80 journaux de terre au sieur de Sonnert le 3 juillet 1624, possédés à présent par Pierre Briandé, François Briandé et les héritiers de Philibert Monet

- 6 journaux possédés par Louis Champy et Valentin Poussot, appréciés  par Humbert le Manse, vendus le 5 janvier 1602 à Jean Pothier Laisné et Jean Pothier le jeune, laboureurs, demeurant à Clirey, possédant aussi 4 ouvrées de vignes comme les ayant acquises de Philibert Naudin comme ayant droit de la communauté qui lui avait vendu ladite vigne en 1610. Ladite vigne délaissée aux habitants et appréciée par Jean Pothier le Jeune …..

- Il y a encore d’autres propriétés auxdits habitants qui tiennent en terres communales :

- Ledit Nicolas Chaudron de Leugny possèdent 4 journaux de terre usurpés depuis 6 ans,

- 3 journaux vendus audit Nicolas Naudin le 15 avril 1613,  3 journaux vendus à Philibert Naudin, le dernier jour d’octobre 1655, 7 journaux vendus audit Naudin et autres particuliers le 9 décembre 1612, 2 journaux de terre possédés par Vincent Chaudron, 3 journaux vendus à Barnabé Breton en 1600.

- Plusieurs journaux de terre possédés il y a plus de 60 ans par Damoiselle Anne Clerc, veuve de Maître Roch, fillotte de Flavigny.

- 45 journaux de terre possédés par Maître Saget, bourgeois de  Flavigny et plusieurs autres vendus après au sieur Maillot le 29 juin 1604.

- 45 journaux vendus à Pierre Rebourseau, à Jacques de Chemin, de Flavigny le 21 avril 1636, 4 journaux possédés par Humbert le Manse depuis 1644, 3 ouvrées de vignes possédées par Pierre Naudin depuis 10 ans.

Le surplus des communaux consiste en quelques pieds de noyers et terres labourables amodiés par an ………..

Le revenu de la cure est de …………Le sieur abbé de St Seyne en est collateur. Le curé fait son devoir.

La dixme appartient audit abbé de St Seyne qui se lève sur tous les usufruits. Elle est estimée ………. Pour La Roche, Leugny, Clirey et le 1/3 des graines de Brin. La dixme de chanvre et laine appartient au curé.

Il y a les ruines d’un prieuré joignant l’église dudit lieu. L’on ne sait de quel ordre. Il est annexé à l’abbaye de St Seyne. Il n’y a aucun religieux. Il ne s’y fait aucun service. Entièrement ruiné, le revenu est de ………… L’abbé de St Seyne le possède de comme annexé à son abbaye. L’on ne sait qui en est le collateur.

……. = illisible dans le texte

1689 : Une partie de la seigneurie de Laroche Vanneau est incorporée au marquisat de Claude Couthier de Souhey

- Le dernier du Faur de Pibrac, François, fils de Michel-Clériade revendit  le fief en 1720 à Philibert Lorenchet (famille originaire de Beaune), chanoine de Notre Dame de Paris,  Conseiller – Clerc au parlement de Paris. Abbé de trois abbayes.  Anobli en 1706, Il céda le château deMarigny le Cahouet  à sa sœur  Catherine  épouse de André Bauldry de Villaines et décéda en 1741.

  1729 : André Bauldry de Villaines en Duesmois, grand maître des Eaux et Forêts de Flandres et Picardie, seigneur engagiste de Coulmier le Sec. Décédé en 1743 époux de Catherine Lorenchet dont la pieuse générosité a laissé à l’église et à la chapelle du château de Marigny le Cahouet des marques de sa bonté. Elle meurt le 27 juin 1764, laissant l’héritage à son fils Jean, qui était l’époux d’Angélique le Philleur.

     1773 : mort de Jean Bauldry héritier de sa mère et de la charge de son père

 -   1774 : Mme Damas de Vellerot

 - 1778 : André Anne de Bataille, capitaine au Régiment Dauphin Cavalerie,  décédé le 1er décembre 1790, laissait une veuve.

-  1789 : François Charles, chevalier de Bataille, son fils, contre- amiral, Commandeur de l’ordre de St Jean de Jérusalem, demeurant à Paris,  seigneur aussi de Venarey, accorda la propriété de la chapelle Ste Anne de Clirey et sa source aux habitants du hameau. Cette chapelle avait été achetée par les De Bataille à Jacques  du Faur de Pibrac

- 1869 : Du château de la Roche Vanneau, il ne reste que les souterrains enfouis sous la végétation ainsi que quelques pierres éparses et les vestiges d’une chapelle.

Cependant, d’après une tradition populaire qui se perpétue à La Roche, il existerait (???) un souterrain qui mettait en communication le prieuré et l’enceinte du château, mais il n’en peu être montré aujourd’hui aucune trace certaine.

 

 

 

 

 

 

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