Automne 1943

 Ils venaient d’avoir 20 ans et étaient réquisitionnés pour le STO, Marcel Engel et Marcel Gindrey refusèrent de travailler pour l’occupant et préférèrent la clandestinité.

Au mois d’octobre, avec d’autres camarades de Flavigny et d’Ecorsain, ils quittent leurs maisons en attendant de rejoindre le maquis. Pendant la journée, ils se joignent aux cultivateurs pour aider aux travaux des champs et pendant la nuit, ils se cachent dans les bois ou ailleurs.

A la fin du mois, ils rejoignent le maquis « La Perrière ». Les derniers mois de cette année 1943 se passent relativement bien malgré une vie à rude épreuve dans les bois, ponctuée de tours de garde souvent sous la pluie, de missions périlleuses et sabotages.

Dans la région, une centaine d’hommes sont répartis en sept groupes portant chacun un nom. Ces hommes continuent d’exercer leur métier et ne sont appelés qu’en cas de besoin. Les villages de Leugny, La Roche Vanneau, Clirey, Dampierre en Montagne, Brain et Pouillenay comptent aussi un certain nombre de « réguliers » : des non-combattants, par défaut d’armes, qui oeuvrent dans l’hébergement, le ravitaillement et les renseignements.

 Début 1944

 Nous retrouvons nos 2 « braves » de La Roche Vanneau, toujours avec ceux de Flavigny et Ecorsain dans le groupe « Vesselin ». Ce groupe, installé entre Présilly et Courceaux, fait partie de la section Alsace-Lorraine et compte environ 22 maquisards.

Suite à l’affaire Werner, les maquis du Commandant Bernard furent dispersés. Le maquis « Vesselin » est alors partagé en 2 groupes de 9 hommes chacun : l’un mené par Chef Jean devait  être basé à Lusigny, l’autre mené par Chef Per Jo devait  être basé dans la forêt du Jugny. Pourtant,  Chef Jean décide de diriger tout le monde à  Lusigny.

Le 30 mars 1944, suite à une dénonciation, le maquis établi à Lusigny subit une dramatique embuscade. Ce jour là, le Chef Jean était absent, 9 hommes composaient son groupe, ils étaient originaires de La Roche Vanneau, Flavigny et Ecorsain et ont tous  trouvé la mort dans cette attaque. L’autre groupe conduit  par Chef Per Jo  réussit  à fuir et à rejoindre le Commandant Bernard.

 Avril 1944

 Le calme étant revenu après de ce douloureux épisode,  deux maquis s’installent dans les bois non loin de La Roche Vanneau : l’un en « Chemerey » dans une maisonnette en pierre avec 20 hommes menés par Chef Per Etienne (de son vrai nom Louis Roger ), l’autre au lieu-dit  « La Brosse » dans une grange non utilisée avec 20 hommes menés par Chef Jehan (de son vrai nom Jean Millière). Ces deux groupes ont pour mission de saboter les lignes de chemin de fer et de faire sauter les pylônes électriques ou téléphoniques.

Lors d’un parachutage d’armes et de munitions, les hommes du groupe Jehan  récupérèrent un téléphone militaire et des rouleaux de câble. Ce matériel leur permettra d’être parfaitement renseignés par 2 maquisards (remplacés toutes les 2 heures) sur tout ce qui se passait sur la route N5.

 

C’est le point de vue, situé sur un parcours pédestre qui domine la vallée de la Brenne, qui, en 1944,  fut  le poste de guet du maquis Jehan.